Le bruit des vagues

lundi 2 avril 2018

songer que la nature parle

"C'est une triste chose
de songer que la nature parle
et que le genre humain n'écoute pas"

Victor Hugo 

2018-005-sous bois V2_LeBruitDesVagues

dessin au feutre
d'après photo
dimensions : 30 X 41 cm

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dimanche 18 mars 2018

poésie

La poésie,
c'est le plus joli surnom
que l'on donne à la vie

Jacques Prévert

LeBruitDesVagues-DSC07802

photo prise en Bretagne, l'été dernier

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vendredi 16 mars 2018

mes mains

"N'oublions pas
que ce qui fait l'intelligence de l'homme

c'est pour beaucoup celle de ses mains"

Françoise Dolto

2018-003-BouclesLeBruitDesVagues

Boucles en pâte polymère,
serties de perles de rocaille

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jeudi 15 février 2018

oeuvre d'imagination

"Rien ne vaut d'être vécu
qui n'est d'abord qu'une oeuvre d'imagination
ou alors la mer ne serait plus que de l'eau salée"

une citation de Romain Gary

2018-02-Mère&enfant-Reflets eau-LeBruitDesVagues

Dessin aux feutres
dimensions : 40 X 32 cm
(d'après une photo de Mustapha Seven)

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mercredi 14 février 2018

si tu fais des images

"Si tu fais des images,
ne parle pas, n'écris pas, ne t'analyse pas,

ne réponds à aucun questionnaire.
Ne piétine pas les jardins 
secrets.
Suggérer c'est créer.
Décrire c'est détruire."
une citation de Robert Doisneau

IMG_20171205_154603_266

Photo été 2017,
en Bretagne

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mardi 13 février 2018

dernière lecture : La part manquante

de Christian Bobin

C_La-Part-manquante_3252

Présentation de l'éditeur :
"C'est par incapacité de vivre que l'on écrit. C'est par nostalgie d'un Dieu que l'on aime. Un livre, c'est un échec. Un amour, c'est une fuite. Nous ne pouvons entreprendre que de biais, nous ne pouvons vivre que de profil. Nous ne sommes jamais où nous croyons être. Notre désir est voué à l'errance. Notre volonté est sans poids. Parfois quand même, on approche quelque chose. Parfois quand même on reçoit des nouvelles de l'éternel. Le battement des lumières sur un visage. La tombée de la foudre dans une encre."
 
Mon sentiment au sujet de ce livre :
Lorsque j'ouvre un roman de Christian Bobin, j'ai peur.
De son poids dans mon sac,
de son poids sur mon coeur.
Des mots essentiels
à mon existence
Une évidence
Que la vie
Est là
et tient dans ces toutes petites pages
précieuses et fragiles
mais qui pèsent pourtant une tonne dans ma vie.
Des racines et des ailes : Christian Bobin nous rappelle que nous sommes pouvus d'ailes,
mais aussi cloués au sol...
 
Morceaux choisis :
"Seulement voilà, on a trouvé autre chose, on a trouvé les livres, avec les livres on ne choisit plus, on reçoit tout. La lecture c'est la vie sans contraire, c'est la vie épargnée."
"Il en va de la lecture comme d'un amour ou du beau temps : personne ni vous n'y pouvez rien. On lit avec ce que l'on est. On lit ce que l'on est".
"Je vous aime". Sujet, verbe, complément. Ce qu'on apprend dans les livres, c'est la grammaire du silence, la leçon de lumière. Il faut du temps pour apprendre. Il faut tellement de temps pour s'atteindre.
"Et il y a des livres que l'on ne sait pas dire".
"L'abondance des choses empêche de voir. La rumeur des pensées empêche d'entendre".
"Ce à quoi l'on donne de la valeur vous en donne en retour. Ce n'est qu'à vous, donc c'est vous."
"L'esprit est une partie du corps, un fragment plus subtil de la chair -comme on dit d'un vin qu'il est subtil, d'une absence qu'elle est longue".
"(...) Vous y avez trouvé votre formule du bonheur informulable. Elle tient en un mot, et ce mot se tient sur un souffle, au bord des lèvres : rien. Un rien vous enchante. Si un rien vous enchante, c'est aussi parce qu'un rien peut vous anéantir. La même lumière peut, selon les heures et la direction du songe, vous exalter ou vous ruiner. Sans nuances dans un cas comme dans l'autre. Il y a un creux sous votre nom. Il y a un trou dans le ciel. On a inventé le travail pour n'y plus songer".
"Dans la vie ordinaire, on peut toujours parler car on peut toujours mentir. Dans la vie éternelle -qui ne se distingue de la vie ordinaire que par l'éclat d'un regard- on ne peut pas aller contre son cœur, mentir. Alors on se tait".
"C'est quoi, réussir sa vie, sinon cela, cet entêtement d'une enfance, cette fidélité simple : ne jamais aller plus loin que ce qui vous enchante à ce jour, à cette heure".
"Derrière nous se tient un ange. Il est né avec notre naissance. Il grandit et s'épuise avec nous".

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lundi 12 février 2018

Pour faire le portrait d’un oiseau

2018-001-PlaquePolymèreLeBruitDesVagues

Peindre d’abord une cage 
avec une porte ouverte
peindre ensuite quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d’utile 
pour l’oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l’arbre sans rien dire 
sans bouger…
Parfois l’oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années 
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s’il le faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l’arrivée 
de l’oiseau n’ayant aucun rapport 
avec la réussite du tableau
Quand l’oiseau arrive
S’il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l’oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau 
puis 
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau
Faire ensuite le portrait de l’arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l’oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été
et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter 
Si l’oiseau ne chante pas
c’est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s’il chante c’est bon signe
signe que vous pouvez signer
alors vous arrachez tout doucement 
une des plumes de l’oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques Prévert, Paroles, 1945

 

 

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